La bibliothèque, je n’y ai pas droit.

La bibliothèque, je n’y ai pas droit.

Cette dame qui lit volontiers n’est jamais allée à la bibliothèque municipale. Comme je lui en demande la raison, elle me répond : « Mais je n’y ai pas droit !  Je travaille dans le privé. C’est réservé aux employés de la ville, comme le restaurant municipal. »

Dans cette banlieue, une maman pénètre pour la première fois dans la bibliothèque, conduite par son petit garçon qui, l’après-midi même, était venu avec sa classe. La bibliothécaire a prêté à l’enseignante les livres de l’animation et a parallèlement préparé un panier de livres complémentaires qu’elle réserve aux enfants de cette classe, pour consultation ou prêt, aux heures d’ouverture au public. Le petit garçon a convaincu sa maman d’y aller en sortant de l’école. Pourquoi pas ?  Sitôt le seuil franchi, content et fier, il tire sa maman vers la section jeunesse. Elle panique. Devant elle, suspendu, au-dessus de la tête d’un agent, le panneau « Inscriptions ». Elle n’a ni papier ni argent. Elle veut faire demi-tour. L’enfant insiste : « La dame a dit qu’on pouvait venir même si on n’est pas inscrit. » Tout s’arrangera et, le soir même, un agent cisaillera la chaîne du panonceau repoussoir. Le frein inattendu à la très bonne initiative de la bibliothécaire est levé.

Focus

Veiller à ce que les termes utilisés et les emplacements adoptés pour la signalisation interne et externe ne donnent pas lieu à des interprétations erronées qui pourraient dissuader le public.

Action 

  • Si le terme « municipal » est gravé sur le fronton du bâtiment et notifié sur tous les documents, imaginer un slogan ou un visuel qui fasse comprendre que c’est ouvert à toute la population de la ville et d’ailleurs, même si les conditions de prêt sont différentes selon que l’on réside ou pas dans la commune.
  • A l’intérieur du bâtiment, revoir la signalétique : qu’elle soit incitative, en tout cas, non dissuasive.
  • S’interroger sur l’image que donne la bibliothèque et sur ce qu’il faudrait faire pour l’améliorer.
  • Dans le cas présent du panier de « lectures buissonnières », prévoir un carte « provisoire » de prêt remise à chaque enfant en clôture de l’animation (avec son nom et celui de son école) en précisant que c’est gratuit pour tous et limité à un livre. Ce système d’appât fonctionne bien, fait découvrir la bibliothèque à des parents et entraine des inscriptions.

Mots-clés : accessibilité / image / accueil

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