Peut-on prendre les livres exposés ?

Peut-on prendre les livres exposés ?

A l’entrée de l’espace adulte, dans un coin relativement sombre, trois grilles forment un paravent. Sur chacune, quelques livres « enchâssés ». Pourquoi sont-ils là ? Quel est leur point commun ? Sont-ils en libre accès ? Peut-on les libérer, les feuilleter, les emprunter ?  Aucune indication, jusqu’au jour où, lassé sans doute des interrogations des lecteurs, le personnel a mis un panonceau avec la mention « Servez-vous ». « Maintenant on sait qu’on peut les emprunter, mais on n’en a guère plus envie surtout quand il n’y a plus que deux ou trois titres esseulés ».

Dans cette médiathèque, un immense mur blanc. L’équipe le tapisse avec des livres de son fond, choisissant des fils différents : un thème, un pays, un auteur, une collection, un genre. La sélection – en soi, un gros travail – est artistiquement présentée – deuxième travail – et de fait tentante, au moins pour les livres qui sont à hauteur d’homme. Mais le public doit se contenter de regarder. Il est interdit d’emprunter. Pas de liste de la sélection à disposition. Si on a repéré un titre – c’est quand même fait pour ça non ? – il faut noter les références pour l’emprunter après le décrochage, si on y pense encore, si on en a toujours envie et que le livre est disponible.

A la section jeunesse, des albums en farandole trônent sur le haut des étagères. Transformés en objets de décoration, ils ne sont pas visibles des enfants et si peu des adultes qui ne peuvent de toute façon pas les atteindre.

Quand on a déjà dans la main gauche les premiers livres qu’on a choisis, c’est vraiment pas commode, dit cette lectrice, de saisir un ouvrage installé sur un présentoir. S’il est volumineux, il faut les deux mains sinon pour l’enlever, du moins, pour le remettre bien en place. Si c’est un beau livre, il faudrait de la place pour l’ouvrir.

Focus

Faire en sorte que les livres et autres supports que l’on cherche à valoriser et faire sortir, soient à portée de main et pas exposés dans des dispositifs, grilles ou présentoirs, qui les figent et entravent leur manipulation.

 

Scénarios alternatifs  

Depuis qu’on a remisé les présentoirs individuels, dit ce bibliothécaire, et qu’on pose des livres à plat dans la partie délibérément inoccupée de nos étagères, on a constaté l’intérêt des lecteurs pour ces ouvrages faciles à saisir, à consulter, à emprunter. On passe régulièrement dans les rayons pour en sortir de nouveaux. C’est un travail rapide et efficace.

Sur les étagères et les tables, les présentoirs individuels qui sont d’une tristesse absolue quand ils sont vides, sont remplacés par des boîtes dans lesquelles les livres sont en vrac. Gros succès des livres en liberté !

Action

  • Ne pas confondre exposition et promotion.
  • Garder les grilles pour des expositions de pièces artistiques ou iconographiques, sans pages à feuilleter.
  • Abandonner les présentoirs ou en réduire l’usage le plus possible.
  • Privilégier le plat (et l’incliné) sur étagère ou le vrac abondant, dans des boîtes ou joliment agencé sur table comme en librairie.
  • Réachalander très régulièrement pour offrir du choix au lecteur.

Mots-clés : mise en valeur – promotion – choix des livres

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