Les acquisitions, trop de rigidité !

Les acquisitions, trop de rigidité !

Dans cette petite bibliothèque, la responsable saucissonne les budgets en répartissant les sommes à dépenser par type de livres jusque dans le détail de la classification Dewey ! Cette année, en jeunesse, il faudra dépenser tant d’euros d’albums, de premières lectures, de romans, de documentaires sur l’art, de poésie, etc. Peu importe le contenu pourvu que ça correspondante au genre ! Annie, la bibliothécaire jeunesse est dépitée. En novembre, meilleure saison pour les nouveautés jeunesse, elle a repéré des albums formidables qu’elle ne peut acheter car le budget est clos pour ces livres-là alors qu’il lui reste des moyens dans des genres où la production éditoriale de l’année s’est avérée limitée ou médiocre.

Bien que le projet soit intergénérationnel, c’est uniquement sur le pôle jeunesse que repose la participation de cette bibliothèque départementale à 1.2.3 albums. Un budget a été dégagé pour acheter des lots d’albums à prêter aux bibliothèques participantes peu argentées. Cette année-là, la demande est importante. Sachant que le secteur adulte est loin d’avoir dépensé tout son budget d’acquisition, les bibliothécaires jeunesse se tournent vers leurs collègues arguant que, dans le département, un tiers des participants au voyage-lecture sont des adultes et que les livres achetés sont assurés d’être lus plusieurs fois, ce qui est loin d’être le cas de toutes les acquisitions. La réponse est négative ! Rogner 120 euros sur le budget BD, documentaires, romans ou beaux livres, pas question !

Les statistiques de prêt le disent. Dans la médiathèque de G, c’est le secteur jeunesse qui est le plus dynamique avec beaucoup plus de prêts que le secteur adulte. Mais les budgets ne sont pas proportionnels. Pire, les restrictions budgétaires imposées récemment n’ont affecté que les acquisitions en littérature jeunesse !

 Focus

Etablir les budgets collégialement sur la base d’une politique d’acquisition souple permettant de s’adapter aux parutions, aux projets d’animation et à l’évolution de la demande. 

Action 

  • Prendre de la hauteur pour définir la politique d’acquisition de l’établissement.
  • Travailler en équipe et en bonne intelligence pour établir un budget d’acquisition détaillé sans être rigide.
  • Se garder une marge de manœuvre pour répondre à des évènements imprévus,  soutenir un secteur, et surtout tirer profit de l’offre éditoriale de l’année en cours.
  • Disposer d’un budget spécifique quand on se lance dans un projet lecture (rencontres, concours, voyage-lecture).

Mots-clés : acquisition / travail d’équipe

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